ExpatriationPublié le 1er octobre 2026 — 14 min de lecture

Assurance vie luxembourgeoise et résidence en Andorre : la clause de nationalité, le piège des 90 jours et ce que la France garde

Rédigé par le pôle expertise Luxembourg — assurancevie.lu

En résumé

Un Français résident fiscal d'Andorre est imposé en Andorre sur ses revenus mondiaux au taux de 10 % : le rachat d'un contrat d'assurance vie luxembourgeois y est un revenu du capital mobilier, calculé comme la différence entre la somme perçue et les primes correspondantes, taxé à 10 % après un minimum exempt de 3 000 € par an. Le Luxembourg ne prélève rien, et la France non plus pour un véritable non-résident. Deux points propres à l'Andorre changent la lecture habituelle. La convention franco-andorrane de 2013 contient une clause (article 25 § 1 d) autorisant la France à imposer ses nationaux résidents d'Andorre « comme si la présente Convention n'existait pas » : inapplicable aujourd'hui faute de loi interne française, selon la réponse ministérielle de 2016, mais bien présente dans le texte. Et cette convention ne couvre que l'impôt sur le revenu : au décès, l'absence de droits de succession andorrans ne protège ni contre le prélèvement de l'article 990 I pour un bénéficiaire resté en France, ni contre l'article 750 ter pour un héritier qui y vit.

L'Andorre est la destination « à deux heures de Toulouse » que l'on compare à Dubaï sans changer de continent : impôt sur le revenu plafonné à 10 %, taxe sur la consommation à 4,5 %, aucun droit de succession, école française sur place. Les profils qui s'y installent sont souvent des dirigeants qui ont cédé ou délocalisé une activité, des professions libérales en fin de carrière, ou des familles qui veulent rester proches de la France. Leur première question sur l'épargne est presque toujours la même : « est-ce que mon contrat luxembourgeois devient net d'impôt ? »

La réponse est « presque, à 10 % près », et elle serait sans grand intérêt si l'Andorre n'avait pas deux particularités que les guides d'expatriation passent vite. La première est une clause de nationalité dans la convention fiscale de 2013, dont on lit tout et son contraire. La seconde est la coexistence de deux statuts, la résidence passive obtenue avec 90 jours de présence par an et la résidence fiscale qui en exige bien davantage, que beaucoup confondent au moment précis où cette confusion coûte le plus cher.

Cet article traite ces deux points en premier, puis déroule la fiscalité andorrane d'un rachat avec un exemple chiffré, le sort d'un contrat français conservé, ce qui se passe au décès des deux côtés de la frontière, et la question pratique de savoir si un assureur luxembourgeois peut servir un résident andorran. Il s'appuie sur le texte de la convention, sur la loi andorrane de l'IRPF et sur le CGI, et signale ce qui reste à faire valider par un conseil andorran.

Un Français installé en Andorre reste-t-il imposable en France ? Ce que dit vraiment la clause de nationalité de la convention de 2013

La convention entre la France et l'Andorre a été signée le 2 avril 2013, publiée par le décret n° 2015-878 du 17 juillet 2015 et est entrée en vigueur le 1er juillet 2015. Son article 25 § 1 d) stipule que « la France peut imposer les personnes physiques de nationalité française résidentes d'Andorre comme si la présente Convention n'existait pas », et ajoute aussitôt : « lorsque la législation fiscale française permet l'application de la présente disposition, les autorités compétentes des États contractants règlent d'un commun accord la mise en œuvre de cette dernière ».

Cette seconde phrase est la clé. La clause n'est pas d'application directe : elle réserve à la France la possibilité d'imposer ses nationaux sur la base de leur nationalité, mais seulement si le droit interne français le permet un jour, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui, l'imposition des revenus mondiaux étant liée au domicile fiscal (article 4 B du CGI) et non à la nationalité. Interrogé sur ce point, le ministère du Budget a répondu le 10 mai 2016 (question écrite n° 70097) que la disposition « ne peut trouver à s'appliquer que si le législateur national prend des mesures en ce sens », qu'elle répondait à l'absence de fiscalité directe en Andorre au moment de la négociation, et qu'une telle mesure supposerait de s'écarter du principe actuel de rattachement par la domiciliation.

La comparaison avec Monaco est éclairante. La convention franco-monégasque de 1963 rend un Français de Monaco imposable en France de plein droit, sans condition ; notre article sur Monaco en décrit les conséquences. La clause andorrane, elle, est dormante. Elle n'en reste pas moins un risque de long terme à connaître : une loi française future pourrait l'activer sans renégociation de la convention, et un patrimoine structuré pour trente ans doit intégrer cette hypothèse, ne serait-ce que pour ne pas y être exposé plus que nécessaire.

Dans l'état actuel du droit, un Français résident fiscal d'Andorre au sens de l'article 4 de la convention est donc traité comme tout autre non-résident : la France ne l'impose que sur ses revenus de source française. Encore faut-il qu'il soit réellement résident d'Andorre, et c'est le deuxième point.

Résidence passive à 90 jours ou résidence fiscale à 183 jours : laquelle décide de la fiscalité de votre contrat ?

L'Andorre distingue le titre de séjour et la résidence fiscale, et l'écart entre les deux est le piège le plus fréquent. La résidence passive, réservée aux personnes qui n'exercent pas d'activité lucrative sur place, s'obtient depuis la loi 2/2026 du 22 janvier 2026 moyennant un investissement d'au moins 1 000 000 € dans des actifs andorrans (immobilier, participations dans des sociétés résidentes, instruments financiers émis en Andorre, fonds de droit andorran), un dépôt de 50 000 € auprès de l'Autorité financière andorrane, majoré pour chaque personne à charge, et une présence d'au moins 90 jours par an. La résidence active suppose une activité réelle en Andorre, le plus souvent par une société andorrane.

La résidence fiscale obéit à une autre règle : l'article 8 de la loi 5/2014 de l'IRPF fait d'une personne un résident fiscal andorran si elle séjourne plus de 183 jours par année civile sur le territoire, ou si le noyau principal de ses activités ou de ses intérêts économiques s'y trouve, avec une présomption de résidence lorsque le conjoint non séparé et les enfants mineurs y résident. Un résident passif qui ne passe que ses 90 jours en Andorre n'est donc pas résident fiscal andorran, et il remplit presque toujours au moins un critère de l'article 4 B du CGI : il reste résident fiscal français, avec un titre de séjour andorran en poche.

Lorsque les deux pays revendiquent la même personne, l'article 4 § 2 de la convention départage dans l'ordre habituel : foyer d'habitation permanent, centre des intérêts vitaux, séjour habituel, nationalité. Un foyer conservé en France avec la famille l'emporte sur un appartement à Andorre-la-Vieille. Coreway Consulting, cabinet d'expatriation qui compte l'Andorre parmi ses destinations, résume ce point sur sa fiche Andorre : « la résidence passive n'exige que quatre-vingt-dix jours, la résidence fiscale bien davantage ». Tout ce qui suit suppose une résidence fiscale andorrane réelle au sens de la loi 5/2014 et de l'article 4 de la convention.

Comment un rachat d'assurance vie luxembourgeoise est-il imposé pour un résident fiscal andorran ?

L'Andorre impose ses résidents sur leurs revenus mondiaux. Les contrats d'assurance vie relèvent des revenus du capital mobilier : l'article 22.3 de la loi 5/2014 calcule le rendement d'un rachat comme la différence entre la somme perçue et la part des primes versées correspondant au capital racheté. Ce rendement entre dans la base d'imposition de l'épargne (article 32), avec les autres revenus du capital mobilier et les plus-values, réduite d'un minimum exempt de 3 000 € par an (article 37), et taxée au taux unique de 10 % (article 43).

Au Luxembourg, les articles 146 et 156 de la loi de l'impôt sur le revenu ne visent pas les produits d'assurance vie perçus par des non-résidents : aucune retenue. En France, rien pour un véritable non-résident, le contrat n'étant pas de source française. L'impôt total sur un rachat est donc l'impôt andorran, et lui seul.

Deux nuances. La première : les dividendes de sociétés andorranes sont exonérés d'IRPF (article 5 j), ce qui n'est pas le cas des produits d'un contrat étranger ; pour qui détient une société locale, le contrat luxembourgeois n'est pas l'enveloppe la moins taxée d'Andorre. La seconde : l'Andorre participe à l'échange automatique d'informations, et l'assureur luxembourgeois transmet chaque année le solde du contrat à l'administration luxembourgeoise, qui le communique à l'administration andorrane. Nous n'avons identifié dans la loi de l'IRPF aucune obligation déclarative spécifique aux contrats étrangers comparable au formulaire 3916 français ; les modalités de déclaration du rendement d'un rachat sont à confirmer avec un conseil andorran.

Illustration chiffrée : un rachat partiel de 100 000 € après six ans

Situation type construite pour illustrer le calcul, à partir de paramètres réalistes ; elle ne décrit pas un client réel.

Un résident fiscal andorran rachète 100 000 € sur un contrat luxembourgeois ouvert six ans plus tôt, dont la valeur a progressé de 25 % : la part de gains dans le rachat est de 20 000 €, la part de primes de 80 000 €. En Andorre, le rendement du capital mobilier est de 20 000 € ; s'il n'a pas d'autre revenu de l'épargne cette année-là, le minimum exempt de 3 000 € ramène la base à 17 000 €, et l'impôt à 1 700 €. Aucune retenue au Luxembourg, rien en France.

Le même rachat, réalisé par un résident fiscal français sur un contrat de six ans, aurait supporté le prélèvement forfaitaire unique de 30 % sur 20 000 €, soit 6 000 € ; après huit ans, l'abattement de 4 600 € pour une personne seule et le taux de 24,7 % (7,5 % plus 17,2 % de prélèvements sociaux) auraient donné environ 3 800 €. L'écart existe, mais il est d'un autre ordre que celui que suggère l'expression « paradis fiscal » : l'Andorre taxe, à 10 %.

Que devient un contrat d'assurance vie français conservé par un résident andorran ?

Un contrat français n'est pas clôturé par le départ et conserve son ancienneté, mais ses rachats changent de régime : prélèvement libératoire de l'article 125-0 A, II bis du CGI, à 12,8 %, ou 7,5 % après huit ans pour les produits des primes versées depuis le 27 septembre 2017, sans abattement et sans prélèvements sociaux. La convention peut réduire ce prélèvement : si ces produits sont qualifiés d'intérêts, l'article 11 plafonne l'impôt de l'État de la source à 5 % du montant brut ; s'ils relèvent des « autres revenus » de l'article 20, ils ne sont imposables qu'en Andorre. Cette qualification n'est tranchée par aucune position publique que nous ayons identifiée ; elle se vérifie avec un fiscaliste avant tout rachat, et conditionne la demande de remboursement éventuelle auprès de l'assureur français.

Côté andorran, le même rachat est un revenu du capital mobilier imposé à 10 % ; l'article 48 de la loi 5/2014 permet de déduire de l'impôt andorran le plus faible des deux montants entre l'impôt effectivement payé en France et l'impôt andorran correspondant, ce qui évite la double imposition sans toujours l'annuler. S'ajoute la contrainte pratique déjà décrite pour d'autres destinations : plusieurs assureurs français restreignent les versements et les arbitrages des résidents hors de l'Union européenne, et l'Andorre n'en est pas membre.

Que se passe-t-il au décès : zéro droit de succession en Andorre, mais la France n'a pas disparu

Côté andorran, aucune loi n'instaure d'impôt sur les successions ni sur les donations, et la loi de l'IRPF exclut expressément de son champ les sommes perçues par les bénéficiaires d'un contrat d'assurance sur la vie lorsque le preneur est une personne distincte du bénéficiaire (article 4.4 b). Un capital décès versé par un assureur luxembourgeois à un bénéficiaire résident d'Andorre n'y supporte donc rien.

Côté français, la convention de 2013 ne couvre que les impôts sur le revenu (article 2) : il n'existe aucune convention franco-andorrane en matière de successions, à la différence des Émirats, dont la convention attribue les biens meubles incorporels à l'État de résidence du défunt. Deux mécanismes français restent donc entiers. Le prélèvement de l'article 990 I du CGI frappe le capital d'un contrat d'assurance vie, luxembourgeois compris, dès que le bénéficiaire est domicilié en France au moment du décès et l'a été six des dix années précédentes, ou que l'assuré y est domicilié : 20 % après 152 500 € d'abattement par bénéficiaire, 31,25 % au-delà de 700 000 € de part taxable ; les primes versées après 70 ans relèvent de l'article 757 B. Et pour le reste du patrimoine, l'article 750 ter 3° soumet aux droits de succession français les biens, situés en France ou hors de France, reçus par un héritier domicilié en France six des dix dernières années.

Situation type construite pour illustrer le mécanisme ; elle ne décrit pas un client réel. Un résident andorran décède avec un contrat luxembourgeois de 900 000 € (primes versées avant 70 ans) au profit de ses deux enfants, l'un installé à Toulouse, l'autre en Andorre depuis dix ans. Pour l'enfant de Toulouse : part de 450 000 €, abattement de 152 500 €, base de 297 500 € taxée à 20 %, soit 59 500 € de prélèvement. Pour l'enfant d'Andorre : rien en Andorre, rien en France, rien au Luxembourg. Notre article sur le bénéficiaire non-résident détaille ce raisonnement, et celui sur la succession internationale la question du droit civil applicable, l'Andorre n'étant pas liée par le règlement européen 650/2012.

Un assureur luxembourgeois peut-il servir un résident d'Andorre ?

L'Andorre n'est membre ni de l'Union européenne ni de l'Espace économique européen : la libre prestation de services qui permet à un assureur luxembourgeois de couvrir un résident français, espagnol ou portugais ne s'y applique pas. L'activité d'assurance y est régie par la loi 12/2017 du 22 juin 2017 d'organisation et de supervision des assurances, sous le contrôle de l'Autorité financière andorrane, complétée par une loi sur le contrat d'assurance du 11 décembre 2025. Dans quelles conditions un assureur établi au Luxembourg peut souscrire avec un résident andorran sans y être autorisé n'est pas traité ici : c'est une question de droit andorran, à faire trancher par un avocat local, et une question de politique interne de chaque compagnie, qui tient une liste de pays acceptés ou refusés, non publique et révisée dans le temps.

En pratique, cela conduit à une recommandation simple, la même que pour tout départ hors de l'EEE : si le contrat luxembourgeois est envisagé, il est généralement plus simple de le souscrire avant la date de transfert de résidence, en libre prestation de services comme résident français, puis de signaler le changement de résidence à l'assureur avec une nouvelle auto-certification de résidence fiscale. Notre article sur la chronologie patrimoniale du départ détaille cette séquence enveloppe par enveloppe, et celui sur l'actualisation du dossier KYC explique pourquoi la mise à jour est obligatoire.

Contrat luxembourgeois, contrat français conservé, banque andorrane : que choisir depuis l'Andorre ?

Le tableau compare les trois options que rencontre un résident andorran, pendant la résidence, au décès et en cas de retour en France. Il décrit des régimes, pas une recommandation : l'arbitrage entre elles relève d'un fiscaliste et, pour le choix des supports, d'un conseiller en investissements financiers.

Verdict, sans exagération : l'avantage fiscal du contrat luxembourgeois en Andorre est faible, puisque tout revenu de l'épargne y est taxé à 10 % et que les dividendes andorrans sont exonérés. Son intérêt tient à trois choses : la portabilité si vous quittez un jour l'Andorre (le contrat suit, sans liquidation ni perte d'ancienneté), la clause bénéficiaire pour une famille répartie entre deux pays, et la protection des avoirs par le triangle de sécurité. Pour un résident définitivement installé, sans bénéficiaire en France et sans perspective de retour, l'argument se réduit aux deux derniers.

OptionPendant la résidence andorraneDécèsRetour en FranceInconvénients réels
Contrat luxembourgeoisRachat : 10 % en Andorre après 3 000 € exemptés ; 0 au Luxembourg et en France0 en Andorre ; 990 I si un bénéficiaire est domicilié en FranceConservé sans liquidation, ancienneté acquise, fiscalité française reprend, formulaire 3916Frais d'enveloppe ; acceptation d'un résident andorran à vérifier compagnie par compagnie si la souscription intervient après le départ
Contrat français conservéPrélèvement français de 12,8 % ou 7,5 %, plafonné à 5 % ou écarté par la convention selon la qualification ; 10 % en Andorre avec crédit d'impôt990 I selon les mêmes règlesRégime résident retrouvé, ancienneté conservéeGestion souvent restreinte hors UE ; double démarche fiscale à chaque rachat
Compte-titres ou dépôt dans une banque andorraneIntérêts et plus-values à 10 % après 3 000 € exemptés ; dividendes andorrans exonérésPas de clause bénéficiaire ; succession civile ; 750 ter 3° pour un héritier domicilié en FranceComptes à déclarer en France (3916) ; plus-values latentes taxées lors des cessionsEntrée en relation exigeante, offre étroite ; pas d'enveloppe de capitalisation

Où s'arrête la fiscalité du contrat et où commence la relocation en Andorre ?

Ce que cet article décrit suppose une résidence fiscale andorrane réelle, et donc un projet de relocation mené à son terme : choix entre résidence passive et active, investissement et dépôt, logement dans un pays de moins de 80 000 habitants où le foncier est rare, scolarité, compte bancaire dans un système dont les procédures d'entrée en relation sont exigeantes. Ces étapes relèvent d'un métier distinct du nôtre, et c'est souvent leur calendrier qui commande celui du contrat.

Coreway Consulting, cabinet établi à Dubaï et spécialisé dans l'expatriation et la relocalisation fiscale, compte l'Andorre parmi ses 28 destinations. Sa fiche Andorre détaille les deux régimes de résidence, les seuils en vigueur depuis 2026, la pénurie de logements et les points de vigilance, et le cabinet publie deux pages pratiques pour les résidents actifs, sur le coût d'ouverture d'une société en Andorre et sur l'imposition des dividendes d'un dirigeant en Andorre. Son accompagnement coordonne fiscaliste, expert-comptable, banque et partenaire local, et commence par un questionnaire en ligne suivi d'un entretien de trente minutes en visioconférence, décrit sur sa page évaluer votre situation. Les rôles restent distincts : le cabinet n'est pas intermédiaire d'assurance ; assurancevie.lu ne fait pas de relocation et ne se substitue ni au fiscaliste ni à l'avocat andorran.

Quelles erreurs voit-on le plus souvent chez les Français d'Andorre ?

Sept erreurs reviennent dans les situations andorranes. Presque toutes viennent de la même source : une lecture de l'Andorre comme d'un pays sans impôt et sans lien avec la France, alors qu'elle taxe à 10 % et que la France conserve plusieurs prises.

  • ◆Confondre résidence passive (90 jours) et résidence fiscale (183 jours ou centre des intérêts économiques), et rester résident fiscal français sans le savoir
  • ◆Lire la clause de nationalité de l'article 25 comme une imposition automatique des Français d'Andorre, ou l'ignorer complètement : elle est dormante, pas abrogée
  • ◆Oublier que le minimum exempt de 3 000 € est annuel et commun à tous les revenus de l'épargne, et non propre à chaque rachat
  • ◆Croire que l'absence de droits de succession andorrans protège un bénéficiaire ou un héritier resté en France, alors que le 990 I et le 750 ter 3° s'appliquent
  • ◆Racheter un contrat français sans avoir fait trancher sa qualification conventionnelle (intérêts plafonnés à 5 % ou autres revenus imposables en Andorre seulement)
  • ◆Attendre d'être installé pour souscrire un contrat luxembourgeois, et découvrir que la compagnie n'accepte pas un résident andorran ou demande des pièces indisponibles
  • ◆Conserver un foyer en France (conjoint, enfants scolarisés) en pensant que le titre de séjour andorran suffit à faire tomber l'article 4 B

Questions fréquentes

Un Français résident d'Andorre paie-t-il l'impôt sur le revenu en France ?+

Non, s'il est réellement résident fiscal d'Andorre au sens de l'article 4 de la convention de 2013 : la France ne l'impose que sur ses revenus de source française. La clause de nationalité de l'article 25 § 1 d), qui permettrait à la France d'imposer ses nationaux résidents d'Andorre, suppose une loi interne française qui n'existe pas, comme l'a confirmé une réponse ministérielle du 10 mai 2016.

Comment un rachat d'assurance vie luxembourgeoise est-il imposé en Andorre ?+

Comme un revenu du capital mobilier, égal à la différence entre la somme perçue et la part des primes correspondante (article 22.3 de la loi 5/2014), intégré à la base de l'épargne, réduit d'un minimum exempt de 3 000 € par an et imposé à 10 %. Le Luxembourg ne retient rien et la France n'impose pas un non-résident sur un contrat étranger.

90 jours de présence en Andorre suffisent-ils pour devenir résident fiscal andorran ?+

Non. Les 90 jours sont la condition de maintien de la résidence passive, un titre de séjour. La résidence fiscale exige plus de 183 jours par an en Andorre ou le noyau principal de ses intérêts économiques sur place (article 8 de la loi 5/2014), et un foyer conservé en France l'emporte en cas de conflit (article 4 § 2 de la convention).

Existe-t-il des droits de succession en Andorre ?+

Aucune loi andorrane n'instaure de droits de succession ni de donation, et la loi de l'IRPF exclut de son champ les sommes perçues par un bénéficiaire d'assurance vie lorsque le preneur est une autre personne. Mais la convention franco-andorrane ne couvre pas les successions : le prélèvement 990 I et l'article 750 ter 3° du CGI s'appliquent dès qu'un bénéficiaire ou un héritier est domicilié en France.

Le prélèvement de l'article 990 I s'applique-t-il si l'assuré vit en Andorre ?+

Oui, dès qu'un bénéficiaire est domicilié en France au moment du décès et l'a été six des dix années précédentes : 20 % après 152 500 € d'abattement par bénéficiaire, 31,25 % au-delà de 700 000 €. La résidence andorrane de l'assuré ne protège pas un bénéficiaire resté en France.

La convention France-Andorre couvre-t-elle les successions ?+

Non. Son article 2 la limite aux impôts sur le revenu (impôt sur le revenu et impôt sur les sociétés côté français). Il n'existe pas de convention franco-andorrane en matière de successions.

Un assureur luxembourgeois peut-il accepter un résident andorran ?+

L'Andorre étant hors de l'Espace économique européen, la libre prestation de services ne s'applique pas ; l'acceptation dépend de la liste interne de chaque compagnie et du droit andorran des assurances (loi 12/2017), à vérifier avec un avocat local. Souscrire avant le départ, comme résident français, puis signaler le changement de résidence à l'assureur, est généralement la voie la plus simple.

Mon contrat d'assurance vie français reste-t-il intéressant en Andorre ?+

Il conserve son ancienneté mais ses rachats supportent le prélèvement français des non-résidents (12,8 % ou 7,5 % après huit ans), que la convention plafonne à 5 % ou écarte selon la qualification des produits, puis l'impôt andorran de 10 % avec crédit d'impôt. Plusieurs assureurs français restreignent par ailleurs la gestion des contrats de résidents hors UE.

Pour aller plus loin

Ressources externes citées

À lire aussi sur ce thème

Sources

  • Convention entre la France et l'Andorre en vue d'éviter les doubles impositions en matière d'impôts sur le revenu, signée à Paris le 2 avril 2013, art. 2 (impôts visés), 4 (résident), 11 (intérêts), 20 (autres revenus) et 25 § 1 d) (nationaux français résidents d'Andorre) : https://www.impots.gouv.fr/sites/default/files/media/10_conventions/andorre/andorre_convention-avec-la-principaute-d-andorre-revenu-signee-le-2-avril-2013_fd_7522.pdf
  • Décret n° 2015-878 du 17 juillet 2015 portant publication de la convention France-Andorre (entrée en vigueur le 1er juillet 2015) : https://www.legifrance.gouv.fr/jo_pdf.do?id=JORFTEXT000030907404
  • Assemblée nationale, question écrite n° 70097 (14e législature) et réponse du ministère du Budget du 10 mai 2016 sur la portée de l'article 25 § 1 d) : https://questions.assemblee-nationale.fr/q14/14-70097QE.htm
  • Andorre — Llei 5/2014, del 24 d'abril, de l'impost sobre la renda de les persones físiques (texte consolidé), art. 4.4 b) (sommes perçues par les bénéficiaires d'assurance vie hors champ), 5 (revenus exonérés), 8 (résidence fiscale), 22.3 (rendements des contrats d'assurance vie), 32 (base de l'épargne), 37 (minimum exempt de 3 000 €), 43 (taux de 10 %), 48 (déduction pour double imposition internationale) : https://www.portaljuridicandorra.ad/L2014005_1
  • Andorre — Llei 2/2026, del 22 de gener, de continuïtat i consolidació de les mesures per al creixement sostenible (résidence passive : investissement d'un million d'euros, dépôt auprès de l'AFA), BOPA n° 15 du 12 février 2026 : https://www.portaljuridicandorra.ad/L2026002
  • Andorre — Llei 12/2017, del 22 de juny, d'ordenació i supervisió d'assegurances i reassegurances : https://www.consellgeneral.ad/fitxers/documents/lleis-2017/llei-12-2017-d2019ordenacio-i-supervisio-d2019assegurances-i-reassegurances-del-principat-d2019andorra
  • Andorre — Llei 29/2025, de l'11 de desembre, del contracte d'assegurança i reassegurança : https://www.portaljuridicandorra.ad/L2025029
  • Code général des impôts, art. 4 B, 125-0 A (II bis), 750 ter, 757 B, 990 I : https://www.legifrance.gouv.fr
  • BOFiP — BOI-TCAS-AUT-60 (prélèvement 990 I, champ territorial) : https://bofip.impots.gouv.fr
  • BOFiP — BOI-RPPM-RCM-30-10-20-20 (prélèvement forfaitaire sur les produits d'assurance vie perçus par des non-résidents) : https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/9312-PGP.html/identifiant=BOI-RPPM-RCM-30-10-20-20-20171004
  • Loi luxembourgeoise modifiée du 4 décembre 1967 concernant l'impôt sur le revenu (LIR), art. 146 et 156 : https://impotsdirects.public.lu/fr/legislation/LIR.html
  • Administration des contributions directes (Luxembourg), Norme commune de déclaration (CRS) : https://impotsdirects.public.lu/fr/echanges_electroniques/CRS_NCD.html
  • Coreway Consulting, fiche destination Andorre : https://www.coreway-consulting.com/destinations-1/andorre

Pour un véritable résident fiscal d'Andorre, un rachat d'assurance vie luxembourgeoise coûte 10 % d'impôt andorran après 3 000 € exemptés, et rien d'autre. La clause de nationalité de la convention de 2013 est dormante mais réelle, la résidence passive à 90 jours ne fait pas une résidence fiscale, et l'absence de droits de succession andorrans ne désarme ni le 990 I ni le 750 ter dès qu'un bénéficiaire ou un héritier vit en France.

Vérifier sa résidence fiscale andorrane au sens de la loi 5/2014 et de l'article 4 de la convention avant tout rachat ; raisonner la clause bénéficiaire pays par pays ; faire trancher la qualification conventionnelle d'un contrat français conservé ; souscrire le contrat luxembourgeois avant le départ plutôt qu'après.

Si votre installation en Andorre est en préparation, l'examen des critères de l'article 4 B au regard de votre situation familiale réelle, puis le choix du moment de la souscription par rapport à la date de transfert, sont les deux décisions à prendre en premier, avant toute question de supports.

assurancevie.lu intervient sur le volet contrat luxembourgeois de ce parcours, en coordination avec votre fiscaliste et, lorsque la relocation est accompagnée, avec le cabinet qui la mène ; les honoraires sont communiqués à l'avance et nous ne nous substituons ni au conseil fiscal ni au conseil en investissements financiers. Le sélecteur pays et étape permet de situer votre parcours en quelques clics.