FiscalitéJuillet 202612 min de lecture

PFU, abattement, article 990 I du CGI : la fiscalité française de l'assurance vie luxembourgeoise expliquée en détail

Rédigé par l'équipe conseil assurancevie.lu — réseau Le Rempart Financier

En résumé

Un résident fiscal français qui détient une assurance vie luxembourgeoise est imposé exactement comme s'il détenait un contrat français : le Luxembourg n'ajoute et ne retranche aucune fiscalité, c'est le droit fiscal français qui s'applique intégralement, au moment des rachats comme de la transmission. Sur les rachats, seuls les gains sont taxés, au PFU de 30 % (12,8 % d'impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux) ou sur option au barème progressif, avec un abattement annuel de 4 600 € (personne seule) ou 9 200 € (couple) après 8 ans de détention, et un taux réduit de 7,5 % d'impôt sur le revenu pour la part des primes inférieure ou égale à 150 000 €. Au décès, l'article 990 I du CGI permet à chaque bénéficiaire désigné de recevoir jusqu'à 152 500 € hors droits de succession pour les primes versées avant les 70 ans de l'assuré. Le reste de cet article détaille chaque mécanisme, avec un tableau récapitulatif des taux selon la durée de détention et le montant des primes.

La question revient presque systématiquement au premier rendez-vous : « si mon contrat est au Luxembourg, est-ce que je vais payer plus d'impôt, moins, ou est-ce plus compliqué à déclarer ? » Cette incertitude est légitime — le mot « Luxembourg » évoque souvent, à tort, un régime fiscal exotique ou avantageux en soi. Or ce n'est pas le cas, et le comprendre correctement évite deux erreurs symétriques : soupçonner une fraude fiscale déguisée, ou au contraire espérer un cadeau fiscal qui n'existe pas.

En réalité, la fiscalité d'une assurance vie luxembourgeoise pour un résident français ne dépend à aucun moment du pays où le contrat est souscrit. C'est un principe de neutralité fiscale : le Luxembourg n'applique aucune fiscalité aux contrats souscrits par des non-résidents, et c'est intégralement la fiscalité du pays de résidence du souscripteur — ici la France — qui s'applique, aux rachats comme à la transmission. Un rachat sur un contrat luxembourgeois suit donc exactement les mêmes règles, aux mêmes taux, avec les mêmes abattements qu'un rachat sur un contrat AFER, Linxea ou Boursorama.

Ce qui change, ce n'est pas la fiscalité : c'est la sécurité juridique des actifs (triangle de sécurité, super-privilège) et l'accès à un univers d'investissement plus large. Mais la question fiscale reste centrale, car elle conditionne directement ce que le souscripteur ou ses bénéficiaires percevront réellement au moment d'un rachat ou d'un décès.

Cet article détaille, article de loi à l'appui, chacun des mécanismes fiscaux applicables : le PFU de 30 %, l'abattement annuel de 4 600 € / 9 200 €, le taux réduit de 7,5 % après 8 ans, l'article 990 I du CGI pour la transmission hors succession, et le régime spécifique des primes versées après 70 ans. Un tableau récapitulatif permet de visualiser, en un coup d'œil, le taux applicable selon la durée de détention et le montant des primes.

Le Luxembourg change-t-il la fiscalité d'un rachat pour un résident fiscal français ?

Non. C'est le point le plus mal compris du marché : un contrat d'assurance vie luxembourgeois n'est fiscalisé ni par le Luxembourg, ni par un régime hybride. Le Grand-Duché n'applique aucune fiscalité aux contrats souscrits par des non-résidents — c'est la neutralité fiscale, un principe structurant de la place luxembourgeoise depuis des décennies. La totalité de la fiscalité applicable, au centime près, est celle du pays de résidence fiscale du souscripteur au moment du fait générateur (rachat ou décès).

Pour un résident fiscal français, cela signifie que le contrat luxembourgeois est fiscalement transparent : il est traité comme n'importe quel contrat d'assurance vie de droit français au regard du code général des impôts (CGI). Aucune case de déclaration spécifique, aucun taux majoré, aucune retenue à la source luxembourgeoise ne vient s'ajouter. Le seul fait générateur de l'impôt reste le rachat (partiel ou total) : tant que le contrat n'est pas racheté, sa valorisation, même en forte hausse, ne déclenche aucune imposition.

Ce mécanisme a une conséquence pratique importante : changer de résidence fiscale en cours de vie du contrat change la fiscalité applicable, alors même que le contrat reste physiquement au Luxembourg. C'est la résidence fiscale du souscripteur au moment du rachat qui détermine le régime applicable, pas le pays d'immatriculation de l'assureur.

Comment fonctionne le PFU (flat tax) de 30 % sur les gains d'un rachat ?

Sur un rachat, seule la part correspondant aux gains est imposable — le capital initialement versé (les primes) ne l'est jamais. Depuis la réforme entrée en vigueur pour les produits attachés aux primes versées à compter du 27 septembre 2017, ces gains sont soumis par défaut au prélèvement forfaitaire unique (PFU), aussi appelé « flat tax », au taux global de 30 % : 12,8 % au titre de l'impôt sur le revenu et 17,2 % au titre des prélèvements sociaux (CSG, CRDS et prélèvement de solidarité).

Concrètement, l'assureur prélève un acompte à la source lors du rachat — un prélèvement forfaitaire non libératoire — puis ce montant est régularisé l'année suivante lors de la déclaration de revenus, en fonction du taux définitivement applicable (12,8 % ou 7,5 % selon l'ancienneté du contrat, voir plus bas). Les 17,2 % de prélèvements sociaux, eux, sont dus dès le premier euro de gain, quelle que soit l'ancienneté du contrat — ils ne bénéficient d'aucun taux réduit ni d'aucun abattement.

Il existe une nuance pour les primes versées avant le 27 septembre 2017 : elles restent soumises à l'ancien régime du prélèvement forfaitaire libératoire (taux dégressif selon l'ancienneté du contrat, jusqu'à 7,5 % après 8 ans), sur option. Pour un contrat luxembourgeois neuf, souscrit aujourd'hui, cette distinction ne concerne pas les futurs versements : ils relèvent tous du régime PFU décrit ci-dessus.

Qu'est-ce que l'abattement annuel de 4 600 € (personne seule) ou 9 200 € (couple) après 8 ans ?

Après 8 ans de détention du contrat, les gains rachetés bénéficient d'un abattement annuel qui vient réduire directement la base imposable à l'impôt sur le revenu : 4 600 € pour une personne seule (célibataire, veuve ou divorcée) et 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune (mariés ou pacsés). Cet abattement se renouvelle chaque année civile — c'est un avantage souvent sous-exploité, car il ne se cumule pas d'une année sur l'autre s'il n'est pas utilisé.

Deux précisions changent concrètement la stratégie de rachat. D'abord, l'abattement s'applique uniquement à la part de gains rachetée dans l'année, pas au montant total du contrat : un rachat partiel de 10 000 € contenant 3 000 € de gains ne consomme que 3 000 € d'abattement, laissant le solde disponible pour un autre rachat la même année. Ensuite, l'abattement ne s'applique qu'à l'impôt sur le revenu — il ne réduit jamais les 17,2 % de prélèvements sociaux, dus sur la totalité des gains rachetés.

Exemple illustratif, non contractuel : un couple marié effectue en janvier un rachat partiel sur un contrat de plus de 8 ans, générant 12 000 € de gains. Après application de l'abattement de 9 200 €, seuls 2 800 € restent soumis à l'impôt sur le revenu au taux de 7,5 % (part de primes ≤ 150 000 €), soit 210 € d'IR, auxquels s'ajoutent 17,2 % de prélèvements sociaux sur les 12 000 € complets, soit 2 064 €. Ce chiffre est fourni à titre pédagogique pour illustrer le mécanisme de calcul ; il ne préjuge pas de la situation fiscale réelle d'un souscripteur, qui dépend de son taux marginal, de la composition de ses gains et de ses autres revenus mobiliers de l'année.

Pourquoi le taux d'impôt sur le revenu passe-t-il à 7,5 % après 8 ans, et jusqu'à quel montant ?

Après 8 ans de détention, le taux d'impôt sur le revenu applicable aux gains rachetés (hors option barème) baisse de 12,8 % à 7,5 %, mais uniquement pour la part des primes versées inférieure ou égale à 150 000 €. Au-delà de ce seuil, la part des gains correspondant à l'excédent de primes reste taxée à 12,8 %, même après 8 ans. Les 17,2 % de prélèvements sociaux, eux, s'appliquent identiquement dans les deux cas.

Ce seuil de 150 000 € s'apprécie non pas par contrat, mais globalement, pour l'ensemble des contrats d'assurance vie et de capitalisation détenus par le même foyer fiscal, tous assureurs confondus. C'est un point souvent mal anticipé par les souscripteurs disposant de plusieurs contrats : un souscripteur avec 100 000 € de primes sur un contrat français et 120 000 € sur un contrat luxembourgeois a déjà dépassé le seuil de 150 000 €, et la fraction excédentaire de ses futurs rachats sera taxée à 12,8 %, pas 7,5 %, même après 8 ans.

Cette règle a une implication directe pour les souscripteurs de contrats à ticket élevé — typiquement les FID ou FAS à partir de 250 000 € présentés sur ce site. Sur ces montants, une partie significative des primes dépasse mécaniquement le seuil de 150 000 €, et donc une partie des gains futurs restera taxée à 12,8 % plutôt qu'à 7,5 %, même après 8 ans de détention. Ce n'est pas un inconvénient propre au contrat luxembourgeois — la même règle s'appliquerait à un contrat français de montant équivalent — mais un paramètre à intégrer dans le séquencement des rachats.

Quel est le tableau des taux d'imposition selon la durée de détention et le montant des primes ?

Le tableau ci-dessous synthétise le taux global applicable à un rachat, en combinant l'ancienneté du contrat, le montant cumulé des primes (tous contrats du foyer fiscal confondus) et l'abattement annuel disponible après 8 ans. Il concerne les gains attachés à des primes versées à compter du 27 septembre 2017, régime applicable à l'écrasante majorité des nouveaux contrats luxembourgeois.

Ce tableau ne remplace pas une simulation personnalisée : le taux effectivement payé dépend aussi du taux marginal d'imposition du foyer (pertinent pour arbitrer entre PFU et barème progressif, voir section suivante), du montant exact des gains rachetés dans l'année et de l'abattement déjà consommé. Les montants et taux ci-dessous sont donnés à titre illustratif pour faciliter la lecture des règles ; ils ne constituent pas un conseil fiscal personnalisé.

Ancienneté du contratPart des primes concernéeTaux IR (avant abattement)Prélèvements sociauxTaux global maximum
Moins de 8 ansToutes primes12,8 % (PFU) ou barème sur option17,2 %30 %
8 ans et plusPrimes ≤ 150 000 € (seuil global, tous contrats)7,5 %, après abattement annuel de 4 600 € / 9 200 €17,2 %24,7 % avant abattement, souvent moins après
8 ans et plusPart des primes > 150 000 €12,8 %, après abattement annuel de 4 600 € / 9 200 €17,2 %30 % avant abattement
Décès — primes versées avant 70 ansJusqu'à 152 500 € par bénéficiaire0 % (abattement art. 990 I du CGI)Non applicable au-delà de l'abattement0 %
Décès — primes versées avant 70 ansDe 152 500 € à 700 000 € par bénéficiaire (au-delà de l'abattement)20 % (prélèvement art. 990 I du CGI)Non applicable20 %
Décès — primes versées avant 70 ansAu-delà de 700 000 € par bénéficiaire31,25 % (prélèvement art. 990 I du CGI)Non applicable31,25 %
Décès — primes versées après 70 ansJusqu'à 30 500 € toutes primes confondues (art. 757 B du CGI)0 % (abattement, hors droits de succession)Non applicable0 %
Décès — primes versées après 70 ansAu-delà de 30 500 €Barème des droits de succession selon le lien de parentéNon applicableVariable

Faut-il choisir le PFU ou le barème progressif de l'impôt sur le revenu ?

Le PFU de 30 % (ou 24,7 % après 8 ans sur la part ≤ 150 000 €) n'est pas obligatoire : sur option exercée chaque année lors de la déclaration de revenus (case 2OP), l'ensemble des revenus de capitaux mobiliers du foyer — pas seulement les gains d'assurance vie — peut être imposé au barème progressif de l'impôt sur le revenu, avec les prélèvements sociaux de 17,2 % dus dans tous les cas.

Cette option a un intérêt réel pour les foyers dont le taux marginal d'imposition (TMI) est inférieur à 12,8 %, c'est-à-dire les foyers non imposables ou imposés dans la tranche à 11 %. Pour un TMI de 30 %, 41 % ou 45 %, le PFU reste presque toujours plus favorable. L'option étant globale — elle s'applique à tous les revenus mobiliers de l'année, pas seulement à ceux de l'assurance vie — elle doit être arbitrée en tenant compte de l'ensemble des revenus du foyer (dividendes, intérêts, plus-values mobilières), pas du seul contrat luxembourgeois.

En pratique, le choix se pose surtout pour les foyers dont les revenus varient fortement d'une année à l'autre (année de transition professionnelle, retraite récente, année de faibles revenus) : dans ces cas, une simulation comparant les deux régimes avant le rachat permet souvent d'identifier un gain fiscal réel, sans qu'aucune règle générale ne remplace ce calcul au cas par cas.

Comment fonctionne l'article 990 I du CGI en cas de décès du souscripteur ?

L'assurance vie bénéficie d'un régime de transmission distinct du droit commun des successions, prévu par l'article 990 I du CGI. Pour les primes versées avant les 70 ans de l'assuré, chaque bénéficiaire désigné dans la clause bénéficiaire reçoit un abattement personnel de 152 500 €, applicable sur l'ensemble des sommes perçues (primes et gains confondus), tous contrats de l'assuré cumulés. Cet abattement s'apprécie par bénéficiaire et par assuré, ce qui permet, avec plusieurs bénéficiaires désignés, de transmettre un capital important en franchise totale de taxation.

Au-delà de 152 500 € par bénéficiaire, un prélèvement spécifique — distinct des droits de succession classiques — s'applique : 20 % sur la part comprise entre 152 500 € et 700 000 €, puis 31,25 % au-delà de 700 000 €. Ce régime est en principe plus favorable que le barème des droits de succession de droit commun pour les bénéficiaires non exonérés (hors conjoint et partenaire de Pacs, déjà exonérés de droits de succession classiques), en particulier pour les bénéficiaires sans lien de parenté direct.

Certains contrats répondant à des critères d'investissement spécifiques (dits « vie génération ») ouvrent droit à un abattement supplémentaire de 20 % sur les sommes transmises, avant application de l'abattement de 152 500 €. Ce mécanisme reste marginal sur le marché patrimonial luxembourgeois et dépend des supports effectivement souscrits — il ne doit pas être présumé applicable sans vérification contractuelle.

Que devient la fiscalité des primes versées après les 70 ans de l'assuré (article 757 B du CGI) ?

Le régime de faveur de l'article 990 I ne s'applique qu'aux primes versées avant les 70 ans de l'assuré. Pour les primes versées après cet âge, c'est l'article 757 B du CGI qui prend le relais, avec un régime nettement moins favorable : un abattement global — et non par bénéficiaire — de 30 500 €, appliqué sur le montant des primes versées après 70 ans, tous bénéficiaires et tous contrats de l'assuré confondus.

Au-delà de 30 500 €, les primes excédentaires sont réintégrées dans l'actif successoral et soumises au barème des droits de succession de droit commun, selon le lien de parenté entre le bénéficiaire et l'assuré défunt — un régime potentiellement bien plus lourd que les 20 % ou 31,25 % de l'article 990 I, notamment pour un bénéficiaire sans lien de parenté (frère, sœur, neveu, tiers), taxé jusqu'à 60 % au-delà d'un faible abattement.

En revanche, un avantage significatif subsiste : les gains (produits financiers) générés par l'ensemble des primes versées après 70 ans restent totalement exonérés de droits de succession, quel que soit leur montant — seul le capital des primes est concerné par l'abattement de 30 500 €. C'est pourquoi, dans une logique de transmission, le versement de primes avant 70 ans reste presque toujours privilégié lorsque l'horizon patrimonial le permet, sans que cela dispense d'un arbitrage individualisé selon l'âge, la composition familiale et les objectifs du souscripteur.

Questions fréquentes

Le fait que mon contrat soit au Luxembourg me fait-il payer moins d'impôt en France ?+

Non. Le Luxembourg n'applique aucune fiscalité aux contrats de non-résidents (principe de neutralité fiscale) : c'est intégralement la fiscalité française qui s'applique, aux mêmes taux et avec les mêmes abattements qu'un contrat souscrit en France.

Dois-je payer un impôt chaque année sur mon contrat, même sans rachat ?+

Non. Tant qu'aucun rachat (partiel ou total) n'est effectué, la valorisation du contrat, même en forte hausse, ne déclenche aucune imposition. Le fait générateur de l'impôt est le rachat lui-même, pas la simple détention.

L'abattement de 4 600 € ou 9 200 € se renouvelle-t-il chaque année ?+

Oui, il s'agit d'un abattement annuel disponible chaque année civile pour tout rachat effectué sur un contrat de plus de 8 ans. Non utilisé une année, il ne se reporte pas sur l'année suivante.

Le seuil de 150 000 € s'apprécie-t-il par contrat ou pour l'ensemble de mes contrats ?+

Il s'apprécie globalement, pour l'ensemble des contrats d'assurance vie et de capitalisation détenus par le foyer fiscal, tous assureurs et pays confondus — pas contrat par contrat.

Qui prélève l'impôt lors d'un rachat, moi ou l'assureur ?+

L'assureur applique un prélèvement forfaitaire non libératoire à la source lors du rachat, puis ce montant est régularisé l'année suivante lors de la déclaration de revenus du souscripteur, en fonction du taux définitivement applicable.

Si j'ai trois enfants désignés comme bénéficiaires, l'abattement de 152 500 € s'applique-t-il une fois ou trois fois ?+

Trois fois : l'abattement de l'article 990 I du CGI s'apprécie par bénéficiaire. Chacun des trois enfants bénéficie de son propre abattement de 152 500 € sur les sommes qu'il perçoit.

La fiscalité change-t-elle selon que mon contrat est en gestion libre, en FID ou en FAS ?+

Non, la fiscalité présentée dans cet article (PFU, abattements, article 990 I) est strictement identique quel que soit le mode de gestion du contrat — gestion libre, FID sous mandat ou FAS en gestion directe. Seul le support juridique (assurance vie ou contrat de capitalisation CAPI) modifie le régime applicable, pas le mode de gestion des supports.

Puis-je choisir le barème progressif seulement pour mon contrat d'assurance vie et le PFU pour mes autres placements ?+

Non. L'option pour le barème progressif, exercée chaque année lors de la déclaration de revenus, s'applique globalement à l'ensemble des revenus de capitaux mobiliers du foyer fiscal de l'année — elle ne peut pas être sélective contrat par contrat.

Pour aller plus loin

Sources

  • Article 990 I du Code général des impôts — Légifrance : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000047288653
  • Article 757 B du Code général des impôts — Légifrance : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000047288569
  • impots.gouv.fr — Comment sont imposés les produits des contrats d'assurance-vie depuis le 1er janvier 2018 : https://www.impots.gouv.fr/particulier/questions/jai-effectue-des-retraits-sur-mon-contrat-dassurance-vie-quelles-sont-les
  • BOFiP — Prélèvement sur les sommes versées par les organismes d'assurance en cas de décès de l'assuré (art. 990 I) : https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/1335-PGP.html
  • impots.gouv.fr — L'assurance-vie et le PEA (option barème progressif, case 2OP) : https://www.impots.gouv.fr/particulier/lassurance-vie-et-le-pea-0

La fiscalité d'une assurance vie luxembourgeoise pour un résident français n'a rien d'exotique ni de risqué : elle suit trait pour trait le droit fiscal français, avec les mêmes taux, les mêmes abattements et les mêmes articles du CGI qu'un contrat souscrit en France. L'avantage du contrat luxembourgeois se joue ailleurs — sur la sécurité juridique des actifs et l'étendue de l'univers d'investissement — jamais sur un allègement fiscal qui n'existe pas.

Ne pas maîtriser ces règles a un coût réel : un abattement annuel non utilisé ne se rattrape jamais, un rachat mal séquencé peut faire basculer une part de gains du taux de 7,5 % au taux de 12,8 % sans qu'on l'ait anticipé, et une clause bénéficiaire mal rédigée peut priver certains bénéficiaires de tout ou partie de l'abattement de 152 500 € de l'article 990 I.

Pour aller plus loin, il est utile de comprendre pourquoi cette neutralité fiscale luxembourgeoise coexiste avec des protections spécifiques (triangle de sécurité, super-privilège), puis de vérifier, à l'aide d'une simulation personnalisée, le taux effectif applicable à sa propre situation avant tout rachat.

Le réseau Le Rempart Financier, éditeur EXP Capital, accompagne le séquencement des rachats et la rédaction des clauses bénéficiaires sur la base de ces règles fiscales, avec des honoraires transparents communiqués à l'avance — sans que ce conseil se substitue à une consultation fiscale ou notariale pour les situations patrimoniales complexes.