InvestissementPublié le 21 septembre 202614 min de lecture de lecture

Assurance vie luxembourgeoise vs holding patrimoniale : deux logiques, deux fiscalités

Rédigé par le pôle expertise Luxembourg — assurancevie.lu

En résumé

Une holding patrimoniale et un contrat d'assurance vie luxembourgeois ne jouent pas dans la même catégorie. La holding est une société soumise à l'impôt sur les sociétés (25 %, ou 15 % sur les premiers 42 500 € de bénéfice pour une PME éligible) : elle permet de capitaliser des revenus faiblement fiscalisés tant qu'ils ne sont pas distribués, mais chaque euro sorti vers l'associé supporte un second étage d'imposition (PFU à 31,4 % depuis 2026). Le contrat d'assurance vie est une enveloppe personnelle sans fiscalité tant qu'il n'y a pas de rachat, taxée à 30 % sur les seuls gains lors des retraits (avec abattement après 8 ans), et transmise hors succession avec 152 500 € d'abattement par bénéficiaire. La holding s'impose pour réinvestir un produit de cession en report d'imposition (article 150-0 B ter), investir en non coté avec effet de levier bancaire ou structurer une gouvernance familiale ; l'assurance vie l'emporte sur la simplicité, le coût de fonctionnement, la fiscalité des retraits et la transmission. Les deux se combinent souvent : une holding peut elle-même souscrire un contrat de capitalisation luxembourgeois pour sa trésorerie.

Vous venez de vendre votre entreprise, ou votre patrimoine financier dépasse plusieurs millions d'euros, et deux conseils contradictoires vous parviennent. Le premier : créez une holding, c'est l'outil des grandes fortunes, vous ne paierez l'impôt qu'à 25 %. Le second : une assurance vie luxembourgeoise suffit, sans comptable ni assemblée générale, et vos enfants la recevront presque sans droits. Les deux ont raison — sur des situations différentes — et c'est précisément ce qui rend l'arbitrage difficile.

Nous rencontrons régulièrement des dirigeants qui ont constitué une holding par réflexe avant une cession, et découvrent quelques années plus tard qu'ils ne savent pas comment en sortir l'argent sans repayer l'impôt qu'ils pensaient avoir économisé. À l'inverse, certains épargnants ont logé un produit de cession dans une assurance vie alors qu'un apport-cession leur aurait permis de différer plusieurs centaines de milliers d'euros d'impôt.

Une holding patrimoniale est une société (le plus souvent une SAS ou une SARL à l'IS) dont l'objet est de détenir et gérer des participations et des placements pour le compte d'une personne ou d'une famille. Un contrat d'assurance vie luxembourgeois est une enveloppe d'épargne personnelle, régie par la fiscalité française pour un résident français et par le droit luxembourgeois pour la protection des actifs. Cet article compare les deux sur ce qui compte réellement — nature juridique, fiscalité des revenus et des sorties, coût, transmission, univers d'investissement — et dit clairement dans quels cas la holding fait ce que l'assurance vie ne peut pas faire, et inversement.

Holding patrimoniale ou assurance vie luxembourgeoise : quelle différence de nature ?

Une holding est une personne morale. Elle a un capital, des associés, des comptes annuels, un expert-comptable, des assemblées, une liasse fiscale. Elle est propriétaire de ses actifs ; vous êtes propriétaire de ses titres. Cette interposition change tout : les revenus (dividendes, intérêts, plus-values) sont d'abord ceux de la société, imposés à l'IS, puis, lorsqu'ils vous sont distribués, ils deviennent vos revenus et sont imposés une seconde fois.

Un contrat d'assurance vie n'est pas une personne morale. C'est un contrat entre vous et un assureur : vous versez des primes, l'assureur investit selon vos instructions (ou celles d'un gérant sous mandat), et vous détenez une créance sur l'assureur, garantie par les actifs représentatifs déposés chez la banque dépositaire. Il n'y a ni comptabilité, ni assemblée, ni liasse. La fiscalité n'intervient qu'au rachat, et seulement sur la part de gains comprise dans le retrait.

CritèreHolding patrimoniale (IS)Assurance vie luxembourgeoise
NatureSociété, personne morale, comptabilité obligatoireContrat d'épargne personnel, aucune comptabilité
Qui détient les actifsLa société ; vous détenez des titresL'assureur, pour votre compte (triangle de sécurité, super-privilège)
Fiscalité couranteIS 25 % (15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice si PME éligible) sur les produits ; régime mère-fille sur les dividendes de filiales détenues à 5 % ou plus (5 % de quote-part imposable)Aucune tant qu'il n'y a pas de rachat
Fiscalité de sortieDividendes : PFU 31,4 % (12,8 % + 18,6 %) ou barème avec abattement de 40 % ; réduction de capital ou boni de liquidation : régime des plus-valuesRachat : PFU 30 % sur les gains (12,8 % + 17,2 %) ; après 8 ans, abattement de 4 600 € (9 200 € pour un couple) puis 7,5 % + 17,2 % jusqu'à 150 000 € de primes
TransmissionDroits de donation ou succession sur la valeur des titres (barème de 5 % à 45 % en ligne directe, après 100 000 € d'abattement par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans) ; pacte Dutreil possible seulement si la holding est animatriceHors succession : article 990 I du CGI (152 500 € par bénéficiaire, puis 20 % jusqu'à 700 000 €, 31,25 % au-delà) pour les primes versées avant 70 ans
IFIFraction immobilière des titres taxable (le contrôle exclut le régime de faveur des participations inférieures à 10 %)Fraction immobilière du contrat taxable (article 972 du CGI)
Coût annuelComptable, dépôt des comptes, frais bancaires : de l'ordre de 1 500 € à 5 000 € par anFrais de gestion de 0,4 % à 1 %, dépositaire, mandat éventuel
Effet de levierOui : emprunt bancaire au niveau de la holding, nantissement des titresLimité : crédit lombard adossé au contrat, pas de dette au sein du contrat
Non cotéSans restriction (participations, immobilier, club deals, dette)Possible via FAS ou FID selon la catégorie CAA du preneur, sous conditions de liquidité et de diversification
Rémunération du fondateurOui (mandat social, salaire, dividendes)Non

Combien coûte réellement une holding par rapport à un contrat luxembourgeois ?

Le coût d'une holding est surtout un coût fixe ; celui d'un contrat, surtout un coût proportionnel.

Une holding implique des frais de constitution (statuts, annonce légale, greffe, éventuellement commissaire aux apports), de quelques centaines d'euros en ligne à plusieurs milliers avec un avocat, puis des frais de fonctionnement annuels : expert-comptable, dépôt des comptes, assemblée, compte bancaire professionnel, éventuellement un commissaire aux comptes au-delà de certains seuils. L'ordre de grandeur de marché se situe entre 1 500 € et 5 000 € par an pour une holding purement patrimoniale sans salarié — ce chiffre n'est pas fixé par un texte officiel, il reflète des pratiques observées chez les professionnels du chiffre. Ce coût est indépendant du montant géré : il pèse lourd sur 300 000 €, il devient négligeable sur 5 millions.

Un contrat d'assurance vie luxembourgeois n'a pas de coût fixe hors éventuels honoraires de conseil : frais d'entrée négociables (0 % à 1 %), frais de gestion annuels de 0,4 % à 1 % de l'encours, frais de dépositaire (souvent inclus, de l'ordre de 5 à 20 points de base), frais de mandat pour un FID, frais des supports. Sur 1 000 000 €, comptez entre 5 000 € et 10 000 € par an tout compris ; sur 300 000 €, entre 1 500 € et 3 000 €.

Situation type construite pour illustrer le calcul, à partir de paramètres réalistes — un capital de 1 000 000 € investi en fonds diversifiés rapportant 5 % par an, soit 50 000 € de produits annuels, entièrement capitalisés pendant 10 ans puis intégralement sortis.

Holding à l'ISAssurance vie luxembourgeoise
Frais annuels3 000 € fixes + 0,5 % de frais de supports ≈ 8 000 €0,8 % tout compris ≈ 8 000 €
Fiscalité annuelleIS sur les produits nets : (50 000 − 8 000) × 25 % ≈ 10 500 € (hypothèse : produits intégralement taxables chaque année, sans régime mère-fille)0 €
Capital au bout de 10 ans (approximation linéaire, hors effet de capitalisation composée)≈ 1 000 000 + 10 × (50 000 − 8 000 − 10 500) ≈ 1 315 000 €≈ 1 000 000 + 10 × (50 000 − 8 000) ≈ 1 420 000 €
Sortie intégraleDistribution de 315 000 € de réserves : PFU 31,4 % ≈ 98 900 €Rachat total, environ 420 000 € de gains, imposé au PFU de 30 % ≈ 126 000 € (simplification ; la fraction de primes inférieure à 150 000 € bénéficie en réalité du taux réduit de 7,5 % après 8 ans, ce qui améliore encore le résultat du contrat)
Net en poche≈ 1 216 000 €≈ 1 294 000 €

IS et dividendes contre PFU et article 990 I : quelle fiscalité est la plus favorable ?

Trois moments comptent : la capitalisation, la sortie des fonds, et la transmission.

Pendant la capitalisation, la holding paie l'IS chaque année sur ses produits (intérêts, plus-values réalisées, dividendes hors régime mère-fille). Le contrat ne paie rien. Sur des placements financiers classiques, l'avantage va au contrat. Sur des participations éligibles au régime mère-fille (articles 145 et 216 du CGI : 95 % des dividendes exonérés, 5 % de quote-part pour frais et charges imposée à l'IS, soit un frottement effectif de 1,25 %), l'avantage va à la holding — c'est son terrain naturel.

À la sortie, chaque euro distribué par la holding supporte le PFU à 31,4 % (ou le barème avec abattement de 40 % si plus favorable). Sur un contrat, seule la fraction de gains contenue dans le rachat est taxée, à 30 %, et à 24,7 % (7,5 % + 17,2 %) après 8 ans sur la part de primes inférieure à 150 000 €, après abattement annuel de 4 600 € ou 9 200 €. L'assurance vie et les contrats de capitalisation restent d'ailleurs exclus du relèvement de la CSG à 10,6 % introduit par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, qui vise les seuls revenus de placements financiers hors assurance vie et immobilier — le taux global de 17,2 % de prélèvements sociaux reste donc applicable aux gains du contrat. L'avantage est net au contrat pour un besoin de revenus réguliers.

À la transmission, les titres de holding entrent dans la succession et sont taxés au barème des droits (jusqu'à 45 % en ligne directe au-delà de 1,8 M€ par part, après 100 000 € d'abattement par parent et par enfant) ; le pacte Dutreil (exonération de 75 %) n'est accessible que si la holding est animatrice d'un groupe opérationnel, ce qu'une holding purement patrimoniale n'est pas. Le contrat d'assurance vie sort de la succession : 152 500 € par bénéficiaire exonérés, puis 20 % jusqu'à 700 000 € et 31,25 % au-delà, pour les primes versées avant 70 ans. Sur une transmission à plusieurs enfants ou à des tiers, l'écart est considérable en faveur du contrat.

Que permet une holding qu'une assurance vie ne permet pas, et inversement ?

C'est la question qui tranche, bien plus que le taux d'imposition affiché.

  • Apport-cession (article 150-0 B ter du CGI) — seule la holding peut le faire : apporter les titres de son entreprise à une holding contrôlée avant de les vendre place la plus-value en report d'imposition. Depuis la loi de finances pour 2026, applicable aux cessions réalisées à compter du 24 février 2026, si la vente intervient dans les trois ans de l'apport, la holding doit réinvestir 70 % du produit (contre 60 % auparavant) dans des activités économiques éligibles dans un délai de trois ans (contre deux auparavant), en excluant désormais les activités immobilières et les placements purement financiers, et conserver ces réinvestissements cinq ans. Une assurance vie ne peut ni recevoir un apport de titres ni constituer un réinvestissement éligible.
  • Effet de levier — seule la holding peut emprunter pour acquérir des participations ou de l'immobilier, déduire les intérêts de son résultat et amortir les immeubles. Un contrat d'assurance vie ne s'endette pas ; le crédit lombard est un prêt personnel adossé au contrat, non déductible pour un particulier, et limité à une fraction de la valeur des actifs.
  • Non coté sans contrainte réglementaire — participations majoritaires, club deals immobiliers, prêts à des sociétés du groupe, comptes courants d'associés sont possibles dans une holding. Dans un contrat, le non coté passe par un FAS ou un FID, sous les règles de la lettre circulaire CAA 26/1 (catégorie du preneur, accord explicite sur les actifs à liquidité réduite, limites de concentration).
  • Gouvernance familiale — statuts sur mesure, droits de vote différenciés, clauses d'agrément, présidence conservée après donation de la nue-propriété des titres : la holding est un outil d'organisation, pas seulement de placement.
  • Rémunération — un mandat social rémunéré dans la holding permet de valider des trimestres de retraite ou de conserver une couverture sociale après cession.
  • À l'inverse, seule l'assurance vie permet une clause bénéficiaire libre : désigner qui reçoit quoi, y compris hors héritiers, avec démembrement possible, sans passer par le notaire ni par les règles de la réserve héréditaire (sous réserve des primes manifestement exagérées). Une holding ne se transmet que par donation ou succession.
  • Seule l'assurance vie offre une neutralité fiscale pendant la vie du contrat et une sortie au rythme choisi, taxée uniquement sur les gains, sans administration à assurer.
  • Seule l'assurance vie luxembourgeoise offre la protection du triangle de sécurité et du super-privilège, et une portabilité internationale : un contrat luxembourgeois suit son souscripteur qui s'expatrie, avec une fiscalité adaptée au nouveau pays de résidence, alors qu'une holding française reste soumise au régime français et peut déclencher l'exit tax sur ses titres en cas de départ.

Peut-on loger un contrat de capitalisation luxembourgeois dans sa holding ?

Oui, et c'est souvent la vraie réponse au dilemme holding ou assurance vie : les deux. Une holding ne peut pas souscrire d'assurance vie, car il faut un assuré personne physique, mais elle peut souscrire un contrat de capitalisation, luxembourgeois ou français.

Le régime fiscal est spécifique : la holding à l'IS ne taxe pas les gains réels chaque année mais un produit forfaitaire égal à 105 % du taux mensuel des emprunts d'État (TME) connu à la souscription, appliqué à la valeur de souscription capitalisée (article 238 septies E du CGI). Ce taux est figé pour toute la durée du contrat. Si la performance réelle dépasse le forfait, l'excédent capitalise sans imposition immédiate ; la régularisation intervient au rachat, sur le gain réel diminué des produits forfaitaires déjà imposés.

Cette combinaison présente deux intérêts pratiques : l'accès à l'architecture ouverte luxembourgeoise (FID, FAS, titres vifs, private equity) pour la trésorerie de la holding, et la protection des actifs par le triangle de sécurité. Ses limites sont symétriques : le contrat reste un actif de la holding, donc taxé à la sortie vers l'associé comme tout le reste du bilan, et la CAA classe la personne morale selon sa fortune mobilière comme un preneur individuel.

Holding et assurance vie face à l'IFI : laquelle est la plus exposée ?

Ni l'une ni l'autre n'échappe à l'IFI sur l'immobilier qu'elle contient ; la différence est une question de lisibilité, pas d'exonération.

Dans une holding, les titres sont taxables à hauteur de la fraction de leur valeur représentative d'immobilier non affecté à une activité opérationnelle (article 965 du CGI). L'exclusion des participations inférieures à 10 % ne joue pas quand le redevable contrôle la société ou se réserve la jouissance des biens. Les dettes de la holding affectées à l'immobilier sont déductibles sous conditions anti-abus.

Dans un contrat, seule la fraction de la valeur de rachat représentative d'unités de compte immobilières (SCPI, OPCI, SCI, immobilier direct en FID) est taxable, en application de l'article 972 du CGI. Le reste du contrat n'a jamais à être déclaré.

Dans quels cas la holding est-elle le bon choix, et dans quels cas l'assurance vie ?

Le tableau ci-dessous résume les situations les plus fréquentes rencontrées par les dirigeants et les épargnants patrimoniaux.

SituationChoix le plus cohérentPourquoi
Cession d'entreprise à venir, produit à réinvestir dans des activités économiquesHolding (apport-cession)Report d'imposition de l'article 150-0 B ter, impossible en assurance vie
Produit de cession déjà encaissé, objectif de revenus et de transmissionAssurance vie luxembourgeoiseUn seul étage d'imposition, article 990 I, clause bénéficiaire
Portefeuille de participations dans des sociétés opérationnellesHoldingRégime mère-fille, pacte Dutreil si la holding est animatrice
Investissement immobilier avec empruntHolding (ou SCI à l'IS)Déductibilité des intérêts, amortissement
Patrimoine financier diversifié, expatriation envisagéeAssurance vie luxembourgeoisePortabilité, neutralité fiscale luxembourgeoise, pas d'exit tax sur un contrat
Trésorerie excédentaire déjà logée dans une holdingContrat de capitalisation luxembourgeois souscrit par la holdingCombine architecture ouverte et régime de l'article 238 septies E
Famille nombreuse, volonté de gouvernance organiséeHolding et assurance vieLa holding organise, le contrat transmet

Comment se pose ce choix en pratique chez les dirigeants que nous accompagnons ?

Nous observons régulièrement, chez des dirigeants après une cession, deux trajectoires opposées : ceux qui ont constitué une holding par précaution avant même d'avoir arbitré ce qu'ils feraient de la trésorerie, et qui découvrent ensuite le coût de la faire ressortir vers leur patrimoine personnel ; et, à l'inverse, des situations où le mécanisme de report de l'apport-cession a largement justifié la lourdeur de la structure, parce que le produit de cession était directement réinvesti dans une nouvelle activité économique. Le bon choix ne se décide jamais dans l'abstrait, mais au regard du calendrier réel de la cession et du projet du souscripteur pour les fonds.

Ce sujet touche à la fois le droit fiscal, le droit des sociétés et l'architecture du contrat (gestion libre, FID, FAS), ce qui justifie un accompagnement structuré. assurancevie.lu aide les épargnants à choisir la compagnie et le mode de gestion adaptés à leur situation, avec des honoraires transparents communiqués à l'avance, mais ne structure pas de holding ni ne délivre de conseil fiscal personnalisé : une vérification au cas par cas avec un avocat fiscaliste reste indispensable dès qu'un apport-cession ou une gouvernance familiale complexe entre en jeu.

Questions fréquentes

Une holding permet-elle de payer moins d'impôt qu'une assurance vie ?+

Pendant la phase de capitalisation, non pour des placements financiers classiques : la holding paie l'IS chaque année (25 %, ou 15 % sur les premiers 42 500 €), le contrat ne paie rien. Oui pour des dividendes de participations éligibles au régime mère-fille (frottement effectif de 1,25 %). À la sortie, la distribution supporte 31,4 % sur la totalité, le rachat 30 % sur les seuls gains, ou 24,7 % après 8 ans sur la part de primes inférieure à 150 000 €.

Quel est le coût de fonctionnement d'une holding patrimoniale ?+

Comptez un coût fixe de l'ordre de 1 500 € à 5 000 € par an (expert-comptable, dépôt des comptes, banque), indépendant du montant géré, contre des frais proportionnels de 0,4 % à 1 % pour un contrat luxembourgeois. Cette fourchette reflète des pratiques de marché observées, pas un barème officiel.

Peut-on transmettre une holding aussi facilement qu'une assurance vie ?+

Non. Les titres de holding sont soumis aux droits de donation ou de succession (barème jusqu'à 45 % en ligne directe après 100 000 € d'abattement par parent et par enfant tous les 15 ans) ; le pacte Dutreil est réservé aux holdings animatrices. L'assurance vie se transmet hors succession avec 152 500 € d'abattement par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans.

Une holding peut-elle souscrire une assurance vie luxembourgeoise ?+

Non, une assurance vie exige un assuré personne physique. Elle peut en revanche souscrire un contrat de capitalisation luxembourgeois, imposé à l'IS sur un produit forfaitaire annuel (105 % du taux mensuel des emprunts d'État à la souscription, article 238 septies E du CGI) avec régularisation au rachat.

Qu'est-ce que l'apport-cession et pourquoi impose-t-il une holding ?+

C'est le mécanisme de l'article 150-0 B ter du CGI : apporter ses titres à une holding contrôlée avant de les vendre place la plus-value en report d'imposition. Depuis la loi de finances pour 2026, si la vente a lieu dans les trois ans de l'apport, la holding doit réinvestir 70 % du prix dans des activités économiques éligibles dans un délai de trois ans et conserver ces investissements cinq ans. Une assurance vie ne peut ni recevoir l'apport ni servir de réinvestissement éligible.

Une holding protège-t-elle mes actifs comme le triangle de sécurité luxembourgeois ?+

Non. La holding protège l'associé de ses créanciers personnels dans une certaine mesure, puisque les actifs appartiennent à la société, mais elle n'offre aucune séparation des actifs vis-à-vis d'un dépositaire ou d'un intermédiaire défaillant, et ses comptes-titres relèvent des garanties françaises de droit commun. Le contrat luxembourgeois bénéficie du super-privilège, sans plafond.

Faut-il choisir entre les deux ?+

Rarement. Le montage le plus fréquent chez les dirigeants après une cession combine une holding, pour le report d'imposition, les participations et la gouvernance, et une assurance vie luxembourgeoise personnelle, pour la liquidité, les revenus et la transmission — la holding pouvant elle-même loger sa trésorerie dans un contrat de capitalisation.

Pour aller plus loin

Sources

  • BOFiP — BOI-IS-LIQ-20-20 : taux de l'IS (25 % / 15 % jusqu'à 42 500 €, conditions PME) : https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/2065-PGP.html/identifiant=BOI-IS-LIQ-20-20-20230621
  • BOFiP — BOI-RPPM-RCM-20-15 : PFU sur les revenus de capitaux mobiliers, option pour le barème : https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/11224-PGP.html/identifiant=BOI-RPPM-RCM-20-15-20210621
  • BOFiP — BOI-IS-BASE-10-10-10 : régime mère-fille, articles 145 et 216 du CGI : https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/1924-PGP.html/identifiant=BOI-IS-BASE-10-10-10-20120912
  • BOFiP — BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60-20 : report d'imposition de l'article 150-0 B ter : https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/12039-PGP.html/identifiant=BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60-20-20250818
  • Légifrance — Article 150-0 B ter du CGI : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000053542872
  • Légifrance — Article 238 septies E du CGI (105 % du taux mensuel des emprunts d'État) : https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006304080
  • BOFiP — BOI-PAT-IFI-20-20-20-20 : exclusion des participations inférieures à 10 %, cas du contrôle : https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/11307-PGP.html/identifiant=BOI-PAT-IFI-20-20-20-20-20180608
  • LégiFiscal — PLFSS 2026 : hausse de la CSG à 10,6 % hors immobilier et assurance vie : https://www.legifiscal.fr/actualites-fiscales/4355-plfss-2026-hausse-csg-immobilier-assurance-vie.html
  • LégiFiscal — Loi de finances 2026 : durcissement du dispositif d'apport-cession (150-0 B ter) : https://www.legifiscal.fr/actualites-fiscales/4421-loi-finances-2026-durcissement-dispositif-apport-cession.html

L'assurance vie luxembourgeoise n'est pas une holding en mieux, et la holding n'est pas une assurance vie pour grandes fortunes. La holding est indispensable pour un apport-cession, une stratégie de participations avec effet de levier ou une gouvernance familiale ; sur ces terrains, l'assurance vie ne peut simplement pas rivaliser. L'assurance vie l'emporte nettement pour capitaliser un patrimoine financier déjà constitué, en tirer des revenus et le transmettre, avec un seul étage d'imposition, aucune administration et une clause bénéficiaire que rien ne remplace.

IS à 25 % ou 15 % puis 31,4 % à la distribution contre 0 % puis 30 % (24,7 % après 8 ans) sur les seuls gains ; droits de succession au barème contre l'article 990 I ; coût fixe contre coût proportionnel ; levier et non coté libres contre triangle de sécurité et portabilité ; possibilité de combiner via un contrat de capitalisation souscrit par la holding.

Si une cession d'entreprise est en vue, la question de l'apport-cession doit être tranchée avant la signature du protocole, avec un avocat fiscaliste. Si le produit est déjà encaissé, l'arbitrage porte sur la répartition entre holding existante et contrat personnel.

Notre rôle n'est pas de vendre l'enveloppe mais de placer chaque euro là où il travaille le mieux, ce qui passe parfois par une holding que nous n'avons pas intérêt à recommander, et par un contrat que nous structurons ensuite, avec des honoraires connus d'avance.