En résumé
Sur le plan fiscal, un contrat luxembourgeois et un contrat français reviennent strictement au même pour un résident fiscal français : le principe de neutralité fiscale luxembourgeoise fait que c'est la fiscalité française qui s'applique intégralement dans les deux cas, sans aucune exception. Les vraies différences se jouent sur trois terrains : la protection des actifs (triangle de sécurité et super-privilège sans plafond au Luxembourg, contre un fonds de garantie français plafonné à 70 000 €), l'ouverture de l'univers d'investissement (titres vifs, private equity, multi-devises accessibles au Luxembourg à partir d'un certain ticket) et le ticket d'entrée, généralement plus élevé (souvent 125 000 € à 250 000 € pour un FAS ou un FID, seuils commerciaux des assureurs ; le CAA n'impose que 125 000 € pour le FID et aucun minimum pour le FAS). Le contrat luxembourgeois s'adresse avant tout à un patrimoine financier significatif en quête de sécurité juridique renforcée et de personnalisation — pas à un épargnant en quête d'optimisation fiscale, qui n'existe pas dans ce comparatif.
Vous avez un capital conséquent à placer, et une question revient sans cesse dans vos recherches : le Luxembourg, est-ce vraiment plus intéressant que la France, ou n'est-ce qu'un argument commercial habillé d'exotisme ? La confusion est légitime. D'un côté, certains discours vantent une fiscalité « avantageuse » au Luxembourg. De l'autre, des articles plus rigoureux rappellent, à raison, qu'aucun impôt luxembourgeois ne s'applique de toute façon à un résident français. Entre ces deux discours, il est difficile de savoir ce qui relève du vrai avantage structurel et ce qui relève du folklore marketing.
Les deux contrats portent pourtant le même nom juridique — l'assurance vie, enveloppe de capitalisation reconnue par le droit fiscal français — mais s'appuient sur des architectures réglementaires distinctes. Un contrat français est régi par le Code des assurances français et couvert, en cas de défaillance de l'assureur, par un fonds de garantie plafonné. Un contrat luxembourgeois est régi par le droit luxembourgeois, sous la supervision du Commissariat aux Assurances (CAA), et repose sur un triangle de sécurité qui sépare juridiquement les actifs du souscripteur du bilan de l'assureur. C'est cette infrastructure, pas la fiscalité, qui fait la différence.
Cet article détaille les cinq axes qui comptent réellement dans l'arbitrage entre les deux — frais, fiscalité, univers d'investissement, protection des actifs et ticket d'entrée — avec un tableau comparatif complet et des tableaux détaillés par axe. L'objectif n'est pas de désigner un « meilleur » contrat dans l'absolu, mais de vous donner de quoi identifier lequel correspond à votre profil, à la taille de votre patrimoine financier et à vos objectifs de transmission.
Assurance vie luxembourgeoise ou française : quelle est la différence fondamentale ?
Les deux contrats appartiennent à la même famille juridique mais reposent sur une infrastructure différente. Un contrat français est adossé au bilan de l'assureur et couvert, en cas de défaillance, par le Fonds de garantie des assurances de personnes (FGAP). Un contrat luxembourgeois repose sur le triangle de sécurité : les actifs du souscripteur sont juridiquement séparés du bilan de l'assureur et déposés auprès d'une banque dépositaire agréée par le Commissariat aux Assurances (CAA), sous contrôle trimestriel du régulateur.
La confusion la plus fréquente porte sur la fiscalité. Beaucoup de souscripteurs pensent, à tort, que le Luxembourg offre un régime fiscal plus favorable. C'est inexact : le Luxembourg applique un principe de neutralité fiscale — aucun impôt luxembourgeois ne s'applique aux contrats souscrits par des non-résidents. C'est la fiscalité du pays de résidence du souscripteur qui s'applique intégralement, au rachat comme à la transmission. Pour un résident fiscal français, un contrat luxembourgeois est donc fiscalisé exactement comme un contrat français : la différence ne se joue jamais sur l'impôt, mais sur la protection juridique, l'univers d'investissement et le niveau de personnalisation.
| Critère | Assurance vie luxembourgeoise | Assurance vie française |
|---|---|---|
| Fiscalité (résident fiscal français) | Identique à la France, par neutralité fiscale luxembourgeoise | Fiscalité française (PFU 30 % ou barème sur option) |
| Protection des actifs | Triangle de sécurité + super-privilège, sans plafond | Fonds de garantie FGAP, plafonné à 70 000 € par assuré |
| Univers d'investissement | Étendu : titres vifs, private equity, dette privée, multi-devises | Architecture fermée : UC sélectionnées par l'assureur, gestion pilotée |
| Frais d'entrée | 0 % à 1 % en général, jusqu'à 2,5 % maximum, négociables | 0 % à 5 %, souvent 0 % sur les contrats en ligne |
| Frais de gestion annuels | 0,4 % à 1 % sur unités de compte, + mandat FID éventuel | 0,6 % à 1,2 % sur UC, 0,73 % en moyenne tous supports |
| Ticket d'entrée | Souvent 125 000 € à 250 000 € en FAS/FID (seuils commerciaux), 15 000 € en gestion libre chez AFI ESCA | Accessible dès quelques centaines d'euros |
| Délai de souscription | 4 à 8 semaines (KYC renforcé, origine des fonds) | Quelques jours, parfois immédiat en ligne |
Quels frais comparer entre un contrat luxembourgeois et un contrat français ?
Côté français, les frais d'entrée oscillent entre 0 % et 5 % selon les contrats, un grand nombre de contrats en ligne étant désormais commercialisés sans frais d'entrée ni de versement. Sur les frais de gestion, le fonds en euros reste le support le moins coûteux, autour de 0,66 % à 0,70 % par an ; les unités de compte se situent plutôt entre 0,6 % et 1,2 % ; la gestion pilotée, plus lourde en pilotage humain, atteint en moyenne 1,17 %. Tous supports confondus, la moyenne de marché ressort autour de 0,73 % par an.
Côté luxembourgeois, les frais d'entrée sont généralement négociables entre 0 % et 1 %, avec un plafond observé jusqu'à 2,5 % chez certains assureurs — et une négociabilité jusqu'à 0 % au-delà de 500 000 € chez des acteurs comme Cardif Lux Vie. Les frais de gestion annuels sur unités de compte se situent dans une fourchette de 0,4 % à 1 % par an. À cela s'ajoutent, pour un FID (Fonds Interne Dédié), des frais de gestion financière rémunérant le gérant sous mandat discrétionnaire, souvent 0,5 % à 1,2 % par an (jusqu'à 1,5 % maximum dans certaines grilles). Le FAS (Fonds d'Assurance Spécialisé), où vous décidez seul ou conseillé par un courtier, n'a pas cette ligne : pour un client bien accompagné en FAS, le surcoût du FID se justifie rarement.
Comparer deux pourcentages affichés ne suffit pas : le coût réel dépend aussi des frais des supports sous-jacents (OPCVM, ETF, fonds de private equity) et, pour un FID, des frais de mandat. Avant de trancher, il est préférable de demander un devis chiffré sur l'ensemble de la structure de frais plutôt que de comparer des taux d'appel isolés.
| Type de frais | Luxembourg | France |
|---|---|---|
| Frais d'entrée | 0 % à 1 % (jusqu'à 2,5 % max), négociables | 0 % à 5 %, souvent 0 % en ligne |
| Frais de gestion (UC) | 0,4 % à 1 % / an | 0,6 % à 1,2 % / an |
| Frais de mandat / gestion pilotée | Frais de mandat FID spécifiques | Gestion pilotée ≈ 1,17 % / an |
| Moyenne tous supports | Variable selon assureur et produit | ≈ 0,73 % / an |
Quelle fiscalité pour une assurance vie luxembourgeoise vs française ?
Pour un résident fiscal français, la fiscalité est rigoureusement identique quel que soit le pays du contrat. Lors d'un rachat, les plus-values sont soumises au prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 30 % (12,8 % d'impôt sur le revenu + 17,2 % de prélèvements sociaux), ou au barème progressif sur option. Après 8 ans de détention, un abattement annuel s'applique — 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple soumis à imposition commune — suivi d'un taux réduit d'impôt sur le revenu de 7,5 % pour la part de primes inférieure ou égale à 150 000 €. En matière de transmission hors succession, l'article 990 I du Code général des impôts prévoit un abattement de 152 500 € par bénéficiaire, dans les deux cas.
Ce taux de 17,2 % de prélèvements sociaux reste inchangé malgré la hausse de CSG votée dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, qui porte à 18,6 % la charge sociale sur plusieurs autres catégories de revenus du capital : l'assurance vie et les contrats de capitalisation en sont explicitement exclus, ce qui préserve à ce jour le taux global de 30 % présenté ci-dessus, dans les deux pays de la même façon.
La seule différence réelle est administrative, pas fiscale : un contrat luxembourgeois est un actif détenu à l'étranger, ce qui impose au souscripteur une obligation déclarative annuelle via le formulaire n° 3916-bis, même en l'absence de rachat. L'omission est sanctionnée par une amende de 1 500 € par contrat non déclaré, pouvant atteindre 10 000 € selon les montants en jeu. Un contrat français, à l'inverse, voit sa fiscalité prélevée et déclarée directement par l'assureur. Cette formalité supplémentaire est gérable avec un accompagnement adapté, mais elle mérite d'être anticipée.
| Règle fiscale | Contrat français | Contrat luxembourgeois (résident fiscal français) |
|---|---|---|
| Prélèvement sur les gains avant 8 ans | PFU 30 % ou barème sur option | Identique |
| Abattement annuel après 8 ans | 4 600 € (seul) / 9 200 € (couple) | Identique |
| Taux réduit après 8 ans (primes ≤ 150 000 €) | 7,5 % d'IR + 17,2 % PS | Identique |
| Transmission hors succession (art. 990 I CGI) | Abattement de 152 500 € par bénéficiaire | Identique |
| Déclaration annuelle | Gérée directement par l'assureur | À la charge du souscripteur (formulaire 3916-bis) |
Quel univers d'investissement propose chaque type de contrat ?
Un contrat français classique donne accès à un fonds en euros et à une sélection d'unités de compte choisies par l'assureur — quelques dizaines à quelques centaines de supports selon les contrats — ainsi qu'à des formules de gestion pilotée ou profilée. L'accès à des classes d'actifs plus larges (titres vifs, private equity, dette privée) reste marginal ou plafonné, même sur les contrats français dits « haut de gamme ».
Au Luxembourg, l'éventail est structurellement plus large et s'organise en produits distincts. La gestion libre, sans mandat, est accessible dès 15 000 € chez AFI ESCA — le ticket le plus bas du marché luxembourgeois — avec un accès aux ETF à partir de 50 000 € de versement. Le FAS (Fonds d'Assurance Spécialisé) est un fonds dont chaque actif est choisi par vous, seul ou avec l'accompagnement d'un courtier qui vous conseille : vous validez chaque arbitrage, sans mandat donc sans frais de mandat, et sans minimum réglementaire. Le FID (Fonds Interne Dédié) confie la gestion à un gérant sous mandat discrétionnaire, avec des frais de gestion financière en plus et un minimum réglementaire de 125 000 €. Titres vifs, private equity, dette privée et actifs alternatifs sont accessibles dans les deux, selon votre catégorie CAA. Le CAPI (contrat de capitalisation) s'adresse aux personnes morales — holdings patrimoniales, SCI à l'IS — et ne s'éteint pas au décès, à la différence de l'assurance vie. Le MULTI permet de loger plusieurs devises (EUR, USD, CHF, GBP) au sein d'un même contrat, réduisant le risque de change, et se combine avec un FID ou un FAS.
Ces produits ne s'excluent pas mutuellement : un souscripteur peut démarrer en gestion libre et passer à un FAS ou un FID lorsque son patrimoine financier atteint le ticket commercial de l'assureur — 250 000 € chez la plupart des compagnies, parfois moins.
- ◆Gestion libre : sans mandat, ticket dès 15 000 € (AFI ESCA), ETF dès 50 000 €
- ◆FAS : chaque actif choisi par vous, seul ou conseillé par un courtier, sans frais de mandat ; aucun minimum réglementaire
- ◆FID : gestion déléguée sous mandat discrétionnaire, frais de gestion financière en plus ; minimum réglementaire 125 000 €
- ◆CAPI : pour personnes morales (holdings, SCI à l'IS), pas d'extinction au décès
- ◆MULTI : plusieurs devises dans un même contrat, compatible FID/FAS
Mon épargne est-elle mieux protégée au Luxembourg qu'en France ?
Le triangle de sécurité luxembourgeois sépare juridiquement les actifs du souscripteur du bilan de l'assureur : ils sont déposés auprès d'une banque dépositaire agréée par le CAA et contrôlés trimestriellement. En cas de défaillance de l'assureur, le souscripteur bénéficie du statut de super-privilège — un rang de créancier de premier rang, sans plafond d'indemnisation.
En France, la protection repose sur le Fonds de garantie des assurances de personnes (FGAP), plafonné à 70 000 € par assuré (90 000 € pour les rentes d'incapacité, d'invalidité ou de décès), ce plafond étant apprécié par assuré et non par contrat — un contrat souscrit conjointement par deux personnes ouvre droit à 140 000 €. À noter, pour une lecture équilibrée : le FGAP n'a jamais eu à intervenir depuis sa création en 1999, et disposait de près de 955 millions d'euros de ressources fin 2023.
Cela ne signifie pas que les assureurs français présentent un risque particulier — les défaillances d'assureurs vie restent rares dans les deux pays. Mais au-delà d'un certain montant de capital placé chez un même assureur, le plafond du FGAP devient mécaniquement contraignant, ce qui explique l'attrait d'un mécanisme sans plafond pour les patrimoines financiers significatifs.
| Mécanisme | Luxembourg | France |
|---|---|---|
| Dépôt des actifs | Banque dépositaire agréée CAA, séparée du bilan de l'assureur | Adossés au bilan de l'assureur |
| Contrôle réglementaire | Trimestriel (CAA) | Supervision ACPR |
| Rang de créance en cas de défaillance | Super-privilège, premier rang | Créancier standard, via le FGAP |
| Plafond d'indemnisation | Aucun | 70 000 € par assuré (90 000 € pour rentes) |
Quel ticket d'entrée pour souscrire une assurance vie luxembourgeoise ?
Le ticket le plus courant du marché luxembourgeois est de 250 000 € pour un FAS ou un FID pleinement personnalisé — un seuil commercial des assureurs, puisque la lettre circulaire CAA 26/1 n'impose que 125 000 € pour le FID et aucun minimum pour le FAS. AFI ESCA fait figure d'exception avec un accès en gestion libre dès 15 000 € — le plus bas du marché — et un accès aux ETF dès 50 000 €. À titre de comparaison, un contrat français reste accessible dès quelques centaines d'euros en ligne, ce qui explique pourquoi le Luxembourg s'adresse structurellement à des patrimoines financiers plus développés : l'infrastructure du triangle de sécurité et la personnalisation de la gestion ont un coût d'exploitation qui ne se justifie économiquement qu'à partir d'un certain montant.
Neuf compagnies constituent l'essentiel de l'offre patrimoniale luxembourgeoise accessible aux résidents français. Le tableau ci-dessous les classe selon un score pratique — moyenne de trois critères notés sur 5 : la protection des actifs, l'ouverture de l'univers d'investissement et l'accessibilité du ticket d'entrée. Ce score est une grille de lecture, pas une notation officielle d'agence.
| Compagnie | Groupe / actionnariat | Ticket d'entrée | Score pratique |
|---|---|---|---|
| Vitis Life | Monceau Assurances (mutualiste français, depuis 2015) | 50 000 € (base) / 125 000 € (FID) | 4,3/5 |
| La Mondiale Europartner | AG2R La Mondiale (France) | 50 000 € (FAS) / 125 000-250 000 € (FID) | 4,0/5 |
| AFI ESCA | Groupe familial Burrus, Luxembourg, non coté depuis 1923 | 15 000 € (gestion libre) | 4,0/5 |
| Cardif Lux Vie | BNP Paribas Cardif + BGL BNP Paribas | 250 000 € (FID) | 3,7/5 |
| OneLife / APICIL | Groupe APICIL (France, depuis 2019) | 10 000 € à 250 000 € selon contrats | 3,3/5 |
| Sogelife | Société Générale (Sogecap / SGBT) | ≈ 300 000 € à 500 000 € | 3,3/5 |
| Wealins | Groupe Foyer (actionnariat 100 % luxembourgeois) | Non communiqué publiquement | 3,0/5 |
| Utmost Luxembourg (ex-Lombard International) | Utmost Group (Royaume-Uni, depuis fin 2024) | 500 000 € (Private Wealth Portfolio France) | 3,0/5 |
| Bâloise Vie Luxembourg | Helvetia Baloise Holding (fusion décembre 2025) | 500 000 € (FID) / 1 000 000 € (FAS) | 2,7/5 |
Assurance vie luxembourgeoise ou française : quel contrat pour quel profil d'épargnant ?
Le choix ne se résume jamais à « le meilleur des deux » dans l'absolu, mais au contrat le mieux adapté à la taille du patrimoine financier, à la devise de référence et aux objectifs de transmission. Un capital de 100 000 € n'atteint pas le minimum réglementaire d'un FID (125 000 €) ni le ticket commercial de la plupart des FAS ; à l'inverse, un patrimoine de 800 000 € concentré sur un seul assureur français mérite d'être questionné au regard du plafond du FGAP.
Le marché luxembourgeois lui-même connaît des mouvements de consolidation réguliers — le rachat de Lombard International par Utmost fin 2024, la fusion Bâloise/Helvetia en décembre 2025 — qui traduisent la maturité d'un secteur en cours de structuration, pas une fragilité particulière. Cela justifie de choisir une compagnie avant tout sur ses fondamentaux (protection, univers, actionnariat) plutôt que sur sa seule notoriété commerciale.
- ◆Patrimoine financier inférieur à 250 000 €, besoin de simplicité : contrat français classique, ou gestion libre AFI ESCA dès 15 000 €
- ◆Patrimoine entre 250 000 € et 1 million d'euros, recherche de diversification étendue (private equity, titres vifs) et de protection renforcée : FAS luxembourgeois en gestion conseillée, ou FID si vous voulez réellement déléguer
- ◆Profil expatrié ou multi-devises (USD, CHF, GBP) : contrat MULTI luxembourgeois
- ◆Holding patrimoniale ou SCI à l'IS : CAPI luxembourgeois
- ◆Priorité absolue à la sécurité créancier, quel que soit le montant : privilégier un assureur combinant triangle de sécurité et super-privilège
Comment souscrire ou transférer une assurance vie vers le Luxembourg depuis la France ?
Il n'existe aucun dispositif permettant de transformer un contrat français en contrat luxembourgeois en conservant l'antériorité fiscale acquise. Redéployer une partie de son patrimoine vers un contrat luxembourgeois suppose donc, au préalable, un rachat total du contrat français — ce qui déclenche la fiscalité applicable aux gains selon les règles décrites plus haut — avant de souscrire un nouveau contrat. Si le souscripteur a moins de 70 ans au moment de la nouvelle souscription, les primes versées ouvrent de nouveau droit à l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire au titre de l'article 990 I ; au-delà de 70 ans, cette bascule devient défavorable sur le plan successoral et doit être arbitrée avec précaution.
La souscription elle-même prend, en pratique, entre 4 et 8 semaines entre le premier rendez-vous et le versement initial, contre quelques jours en général pour un contrat français. Ce délai s'explique par la conformité renforcée imposée par la réglementation luxembourgeoise : vérification de l'identité (KYC), justification de l'origine des fonds, justificatifs de résidence.
Compte tenu des enjeux — rachat fiscalisé, choix de la compagnie, du produit (FID, FAS, gestion libre) et du niveau de protection recherché — un accompagnement méthodique, avec une rémunération détaillée par écrit, support par support, avant toute souscription, permet d'éviter les décisions prises sur un seul argument commercial.
Questions fréquentes
Le Luxembourg permet-il de payer moins d'impôts qu'en France ?+
Non. Pour un résident fiscal français, la fiscalité d'un contrat luxembourgeois est strictement identique à celle d'un contrat français : c'est le principe de neutralité fiscale luxembourgeoise. Le PFU de 30 %, l'abattement de 4 600 €/9 200 € après 8 ans et l'article 990 I s'appliquent de la même façon dans les deux cas.
Puis-je transférer mon assurance vie française vers un contrat luxembourgeois sans payer d'impôt ?+
Non. Il n'existe pas de dispositif de transfert conservant l'antériorité fiscale entre un contrat français et un contrat luxembourgeois. Il faut d'abord procéder au rachat total du contrat français, ce qui déclenche l'imposition des gains, avant de souscrire un nouveau contrat luxembourgeois.
Quel est le montant minimum pour ouvrir un contrat luxembourgeois ?+
Cela dépend du produit. AFI ESCA propose un accès en gestion libre dès 15 000 €, le ticket le plus bas du marché, avec des ETF accessibles dès 50 000 €. Pour un FAS ou un FID pleinement personnalisé, le ticket le plus courant est de 250 000 € ; c'est un seuil commercial (le CAA n'impose que 125 000 € pour le FID et aucun minimum pour le FAS), et certains assureurs ouvrent plus bas.
Dois-je déclarer mon contrat luxembourgeois aux impôts français ?+
Oui, chaque année, via le formulaire n° 3916-bis joint à votre déclaration de revenus, même en l'absence de rachat. L'omission est sanctionnée par une amende de 1 500 € par contrat non déclaré, pouvant atteindre 10 000 € selon les montants en jeu. Un contrat français ne nécessite pas cette formalité, l'assureur déclarant directement pour vous.
Le Luxembourg est-il plus sûr que la France en cas de faillite de l'assureur ?+
Le mécanisme de protection est structurellement différent. Le triangle de sécurité luxembourgeois sépare vos actifs du bilan de l'assureur, et le super-privilège vous place en créancier de premier rang sans plafond d'indemnisation. En France, le FGAP plafonne l'indemnisation à 70 000 € par assuré. Cette différence devient significative surtout au-delà de ce seuil.
Combien de temps faut-il pour souscrire un contrat luxembourgeois ?+
Comptez généralement 4 à 8 semaines entre le premier rendez-vous et le versement initial, en raison de la conformité renforcée (vérification d'identité, origine des fonds, justificatifs de résidence) imposée par la réglementation luxembourgeoise.
Un contrat luxembourgeois convient-il aussi à un profil expatrié ou multi-devises ?+
Oui, c'est même l'un de ses atouts distinctifs. Le contrat MULTI permet de loger plusieurs devises (euro, dollar, franc suisse, livre sterling) au sein d'un même contrat, réduisant le risque de change, et se combine avec un FID ou un FAS.
Les frais d'un contrat luxembourgeois sont-ils plus élevés qu'un contrat français ?+
Pas nécessairement sur les frais d'entrée, souvent négociables entre 0 % et 1 % au Luxembourg contre jusqu'à 5 % en France (même si de nombreux contrats français en ligne sont à 0 %). Un FID ajoute en revanche des frais de mandat spécifiques, en contrepartie d'une gestion discrétionnaire personnalisée et d'un reporting trimestriel absents d'un contrat français classique.
Pour aller plus loin
- Et face au PEA ou au compte-titres ? →
Pour élargir la comparaison au-delà de l'assurance vie française vers les deux autres enveloppes classiques.
- Simuler l'impact patrimonial Luxembourg vs France →
Avant de choisir, il est plus utile de modéliser l'effet concret des frais et du plafond de protection sur votre propre capital que de comparer des pourcentages dans l'abstrait.
- Comprendre le triangle de sécurité et le cadre réglementaire luxembourgeois →
Cet article approfondit le mécanisme de protection évoqué ici — utile si la question de la sécurité des actifs est votre priorité.
- Découvrir en détail les produits FID, FAS, CAPI et MULTI →
Une fois le principe du contrat luxembourgeois compris, la question suivante est naturellement : quel produit correspond à mon ticket d'entrée et à mes objectifs ?
- Vérifier si votre profil patrimonial correspond à une assurance vie luxembourgeoise →
Le ticket d'entrée et le profil de risque déterminent en grande partie la pertinence du Luxembourg par rapport à un contrat français classique.
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- Rachat partiel programmé : mise en place et fiscalité
Rachat partiel programmé sur un contrat luxembourgeois : mise en place, prorata à chaque échéance, abattement 4 600 €/9 200 € et formalité 2778-SD.
- Contrat luxembourgeois non déclaré (3916 bis) : régulariser
Contrat jamais déclaré sur le 3916 bis : amende de 1 500 € par an, délai de reprise de 10 ans, majoration de 80 % et marche à suivre pour régulariser.
Sources
- Fonds de Garantie des Assurances de Personnes (FGAP) — Présentation officielle : https://www.fgap.fr/?page_id=2
- Ramify — Frais de l'assurance vie française, comparatif 2026 : https://www.ramify.fr/assurance-vie/frais
- Richelieu International — Transfert d'assurance vie vers le Luxembourg, les trois scénarios possibles : https://www.richelieu-international.com/assurance-vie-luxembourg-transfert/
- Impots.gouv.fr — Formulaire n°3916/3916-bis, déclaration d'un contrat de capitalisation à l'étranger : https://www.impots.gouv.fr/formulaire/3916/declaration-par-un-resident-dun-compte-letranger-ou-dun-contrat-de-capitalisation-o